Ecosystème : composante clé des modèles de plateforme

28/11/2017

Par Henri Isaac, Maître de conférences en management des systèmes d'information à l'Université Paris-Dauphine et Responsable de l'axe "Business model, digital et stratégie"

Pour définir une plateforme, la notion d’écosystème est souvent utilisée. Cette notion, définie en sciences de gestion en 1993 par Moore, a été utilisée pour décrire de nouveaux modes d’organisation de la production et de la concurrence. Mais une plateforme se résume-t-elle à un écosystème ? Une plateforme regroupe quatre composantes-clés :

  • Une organisation qui exploite les effets de réseaux (cet aspect est très étudié) ;
  • Une organisation capable d'extraire des données de l'activité de la plateforme ;
  • Un écosystème ;
  • Une organisation où les utilisateurs sont une ressource.

Avec la notion de système, on peut décrire le tout et analyser les relations entre les acteurs qui sont extrêmement nombreuses. Pour survivre, une plateforme a intérêt à maximiser les interactions entre les acteurs. Il faut donc s'intéresser aux relations et aux interdépendances qui génèrent de la valeur entre les acteurs de ce système.

Les plateformes qui réussissent sont celles qui réunissent ces quatre éléments. Le concept d'écosystème n'est pas suffisant pour définir la totalité de ce qu'est une plateforme. Henri Isaac préfère utiliser la notion de système, au sens de la théorie générale des systèmes. Une plateforme est uns système, un ensemble d'acteurs organisés avec une finalité commune, composé de sous-ensembles :s :

  • Un ensemble qui fixe l'objectif de la plateforme ;
  • Un système d'innovation - qui permet aux acteurs d'intégrer ou non l'écosystème et de venir s'y développer ;
  • Et enfin une composante digitale, qui constitue l'infrastructure technique et qui est une composante essentielle des plateformes.

Cette approche systémique de la notion de plateforme permet de comprendre comment le système génère des interelations et les rend possibles ainsi quels types d'interactions il autorise et favorise. Elle permet aussi de comprendre comment le système évolue. En effet, du fait du grand nombre d'acteurs, l'évolution d'une plateforme n'est pas déterminée ; dans une approche systémique, on s'intéresse justement aux processus qui permettent à une plateforme de se maintenir et de survivre.

Enfin, l'enjeu le plus décisif en management stratégique, est celui de la représentation de ces organisations. En management stratégique, on utilise la plupart du temps des approches réduisant la complexité. Mais comme les plateformes sont des systèmes complexes, pour les analyser de façon pertinente, notamment en analyse concurrentielle, il est important d'avoir de nouveaux modèles de représentation de ces objets dynamiques. On recourt alors à des approches qui s'appuient sur les données massives que génèrent ces plateformes et des méthodes de datavisualisation qui permettent de représenter cette complexité des systèmes et qui sont plus pertinentes que des approches réductionnistes. 

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